Simulateur d'épargne à intérêts composés : capital final et intérêts gagnés

Le calcul répond à une question simple : que devient un capital de départ complété chaque mois par un versement, après un certain nombre d'années de rendement composé ? La durée est ce qui fait le plus varier le résultat, car les intérêts finissent par produire eux-mêmes des intérêts.

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Comment le capital final est calculé

Chaque mois, le solde produit des intérêts au taux mensuel, puis le versement s'ajoute en fin de mois. Ces intérêts rejoignent le solde et en produisent à leur tour le mois suivant : c'est la capitalisation.

Le résultat se lit en deux morceaux. Le capital de départ est multiplié par (1 + i) élevé à la puissance n, où i est le taux mensuel et n le nombre de mois. Les versements forment une suite : le premier travaille pendant presque toute la durée, le dernier pas du tout, puisqu'il arrive au moment où la projection s'arrête. Leur valeur cumulée est le versement multiplié par ((1 + i) puissance n, moins 1), divisé par i.

Le taux mensuel se déduit du rendement annuel. Selon la convention retenue (division par 12 ou racine douzième), le résultat varie légèrement, et deux simulateurs peuvent différer de quelques euros. Le total versé, lui, ne dépend d'aucun taux : c'est le capital de départ plus le versement multiplié par n.

Ce qui fait bouger le résultat

Prenons un exemple que vous pouvez refaire : 5 000 € au départ, 200 € par mois, un taux mensuel de 0,25 % (3 % par an divisé par 12). Sur 10 ans, le capital final est d'environ 34 700 €, pour 29 000 € versés : 5 700 € d'intérêts environ.

Changeons un seul paramètre. Avec 5 % par an (0,4167 % par mois), le capital final monte à environ 39 300 €, soit 4 600 € de plus pour exactement la même somme versée. Revenons à 3 % et doublons la durée : 20 ans donnent environ 74 800 € pour 53 000 € versés, soit près de 21 800 € d'intérêts, presque quatre fois plus qu'à 10 ans.

La raison est mécanique : plus la durée s'allonge, plus la part des intérêts dans le capital grandit, et plus ces intérêts travaillent. Un point de rendement en plus aide, mais dix années de plus changent davantage l'ordre de grandeur.

L'erreur de lire le résultat comme une promesse

L'erreur la plus courante consiste à prendre le capital final pour la somme que l'on aura vraiment, en euros d'aujourd'hui. La projection suppose un rendement identique chaque année, sans frais, sans prélèvement et sans hausse des prix. Aucune de ces hypothèses ne se vérifie telle quelle dans la réalité.

Un exemple chiffré montre l'écart. Reprenons les 34 700 € de l'exemple précédent et supposons, pour l'illustration, des prix qui augmentent de 2 % par an pendant 10 ans. Les prix sont alors multipliés par environ 1,22, et la somme équivaut à environ 28 500 € d'aujourd'hui, soit moins que les 29 000 € versés. Le chiffre affiché semblait annoncer 5 700 € de gain ; en pouvoir d'achat, il n'y en a plus.

Ce résultat est une estimation. Il sert à comparer des scénarios entre eux, pas à prédire un solde.

Questions fréquentes

Pourquoi le dernier versement ne rapporte-t-il aucun intérêt ?

Parce que le versement est fait en fin de mois. Sur 120 mois, celui du premier mois travaille pendant 119 mois, celui du deuxième pendant 118, et ainsi de suite. Le dernier arrive à la date même où la projection s'arrête : il s'ajoute au capital tel quel, sans avoir eu le temps de produire quoi que ce soit.

Quelle différence entre intérêts simples et intérêts composés ?

Avec des intérêts simples, ils se calculent toujours sur la somme de départ. Avec des intérêts composés, ils s'ajoutent au capital et produisent eux-mêmes des intérêts. Exemple : 10 000 € à 3 % par an donnent 300 € la première année dans les deux cas. La deuxième année, 300 € en intérêts simples, mais 309 € en intérêts composés.

Quel rendement annuel faut-il saisir dans un simulateur ?

Un taux que vous pouvez justifier : celui du placement visé, diminué des frais qu'il supporte. Le plus utile est de tester plusieurs taux, un prudent, un médian, un optimiste, et de regarder l'écart entre les résultats. Si l'écart vous gêne, c'est que votre projet dépend trop d'un rendement incertain.

Le capital final affiché est-il la somme que je toucherai vraiment ?

Non, c'est un brut théorique. Il ignore les frais, les prélèvements éventuels et l'érosion liée à la hausse des prix, et il suppose un rendement constant. Il permet de comparer des scénarios entre eux. Pour juger ce qu'il vaudra en pouvoir d'achat, il faut le diminuer d'une hypothèse d'inflation que vous choisissez vous-même.